Le cumul de diplômes, pour rassurer qui ?

Publié par Denis Tellier le

Le recruteur ou le candidat ?

 

LinkedIn est un outil super pour nouer des contacts. S’échanger des informations, des astuces, des opportunités. C’est aussi un moyen de … surveiller les collègues/concurrents et de se comparer, de s’améliorer. Toutefois, quand je vois le parcours de certaines personnes, je reste dubitatif.

Face à certains collègues qui montrent une flopée de diplômes plus prestigieux les uns que les autres (HEC, MBA en machin, MBA en truc, expertise de niveau « X », etc …), je me sens … euh … minable, sortant d’une bête école de commerce.

En France, l’étalage des diplômes comme gage de réussite (sociale et de mission) est bien ancré dans l’inconscient des recruteurs et la sphère patronale. D’ailleurs lorsque l’on recherche un candidat, la première chose qu’on demande EST un niveau d’étude et non pas une capacité à résoudre des problèmes. Toutes les annonces commencent de cette manière :

« Diplômé/e d’une grande école de commerce … »

 » Bac +4 minimum … »

Or ce ne sont pas les diplômes accrochés dans les bureaux qui mènent les projets, ce ne sont pas eux non plus qui vont travailler. C’est vous !

Votre aptitude à apprendre des théories ne démontre pas votre aptitude à résoudre une problématique, ni votre capacité d’adaptation à des milieux complexes. La créativité, l’empathie, la réactivité, les capacités d’adaptation, etc … font partie de votre personnalité. L’ignorer totalement au profit de connaissances, est une erreur (hélas) basique que font les recruteurs.

Du coup, si j’ose me comparer, il est évident que je suis un moins que rien. Comment oserais-je prétendre de faire mon métier correctement, de satisfaire des clients face à ce déluge de perfection diplômée ?

Ehhh bien … je prétends. (si si !)

Passé ce cap de comparaison ou je ne tiens pas la distance théorique, je regarde dans mon passé, et j’y vois de belles réalisations. Hooo … bien sûr, pas dans des sociétés internationales ayant pignon sur rue, pas avec des titres ronflants. Mais avec la certitude que mon travail était juste, adapté à la société, et surtout utilisé, exploité, montrant que mes créations avaient de la valeur.

Le meilleur bucheron n’est pas celui qui a la plus belle tronçonneuse, le meilleur pilote n’est pas celui qui a la meilleure voiture, le meilleur contrôleur de gestion n’est pas celui qui aura le plus de diplôme. C’est celui qui saura écouter l’entreprise, la comprendre, et trouver une solution concrète, simple, utilisable. Et ça, ça ne s’apprend pas avec des diplômes, mais avec de la pratique.

J’ai trop souvent vu de grands cabinets faire un compte-rendu de leur audit sur une cinquantaine de pages. C’est intelligent, clair, et surtout théorique. La solution proposée est juste et détaillée. Mais quid de la réalité, de la mise en place et de l’utilisation ?

La mise en place de cette théorie révèle parfois des incongruités concrètes :

Des écritures comptables pour éclater les coûts ? Oui. Sauf qu’elles font 300 lignes et que rien n’est prévu pour les passer automatiquement. Perte de temps et source d’erreurs.

Des tableaux de résultat détaillés par services ? Oui. Sauf que certains n’ont que quelques coûts et pas de responsable pour décider de plan d’action. Inutile donc.

Donner l’accès à des tableaux mis à jour en temps réel ? Oui. Sauf que tout le monde n’a pas besoin de cette réactivité. Solution inadaptée.

Je suis content de mon parcours qui me rend différent des autres contrôleurs de gestion. Ceux qui sont formatés très tôt dans un gros cabinet, à une méthode d’analyse et qui ne savent pas créer de la valeur par leur approche personnelle.

Oui, j’ai un passé technique, ça me donne une aisance personnelle dans les entreprises industrielles et j’aime ça.

Oui je n’ai qu’une école de commerce à mon actif (et pas la plus prestigieuse), mais j’ai (plusieurs fois) eu la chance de créer un contrôle de gestion de A à Z.

Et oui, j’ai une personnalité avec des valeurs de respect, d’intégrité, et d’honnêteté. (Bon ok, ça ne peut pas plaire à tout le monde …)

Alors amis recruteurs, futurs clients, fiez-vous à la personne plutôt qu’à la liste de ses diplômes.

Catégories : Billets d'humeur

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